Sur la situation du pays et les principales
orientations de politique intérieure et étrangère
pour 2002
Les principaux points* du message du
président du Kazakhstan à la nation
3 septembre 2001
(texte établi par
Sources d’Asie sur la base du texte intégral de ce message tel que
rapporté par le Centre d’analyse et de recherche stratégique
du K. du Bureau du Président de la république du K.)
NB. Le ton de ce « message » en fait un véritable cadre d’instructions pour le gouvernement.
Le pays vient de surmonter
de nombreuses difficultés et, en partant de rien, de poser les fondations
de nouvelles relations économiques et de créer les mécanismes
du marché.
Des progrès sensibles
ont été enregistrés dans pratiquement tous les domaines
: l’agriculture, la politique de substitution aux importations grâce
notamment aux investisseurs étrangers, la construction de nouvelles
voies de chemins de fer, l’augmentation du montant des dépôts
bancaires, la construction de la nouvelle capitale, Astana, et la modernisation
de certaines agglomérations, la rénovation des bâtiments
scolaires (et leur équipement informatique systématique),
hospitaliers et sportifs, la revalorisation des salaires, et des retraites,
l’augmentation de la population active et l’apparition d’une classe moyenne
(« gage de développement démocratique et de stabilité
»),
« Le système étatique du K. est fondé sur le principe démocratique de l’unité du pouvoir central et sa répartition entre les branches législatives, exécutive et judiciaire. Le pouvoir présidentiel en assure la coordination dans le fonctionnement. Il n’existe aucune raison pour modifier ce système… Un pouvoir exécutif fort est devenu la base de la stabilité sociale et l’un des facteurs-clés des réformes économiques qui ont fait du K. le pays-leader au sein de la CEI, au dire de l’expertise internationale. »
Les succès obtenus ne doivent ni masquer les défis qui menacent l’indépendance et la sécurité du pays ni les efforts à accomplir pour les relever (“nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers…”). Les séquelles de la crise économique mondiale, l’instabilité qui règne aux frontières méridionales, la montée du terrorisme et de la criminalité dans de nombreux pays et l’augmentation du nombre d’usagers de la drogue et de porteurs du SIDA ont des conséquences négatives sur le K.
La « Stratégie du développement du K. jusqu’en 2030 » fixe les grandes orientations pour le pays et forme le cadre de l’action à moyen et court terme. Le Plan stratégique à dix ans se situe dans la phase en cours de construction d’un ordre nouveau après la chute du communisme caractérisé par la mondialisation et la multi-polarité, ce qui va dans le sens des intérêts stratégiques du K.
Le pays, richement pourvu en matières premières et en espace, placé potentiellement sur les grandes voies de communication internationales et ayant mis en place une économie de marché ne peut rester en dehors des grands mouvements géopolitiques et géoéconomiques.
Une économie dynamique et compétitive, un bon niveau de vie, la garantie des libertés individuelles et le renforcement de la sécurité du pays constituent les missions essentielles des trois composantes de l’Etat pour les décennies à venir. Il est d’une importance particulière que le K. se place en tête de l’ensemble des Etats de la région tant pour les réformes structurelles de l’économie que pour son niveau de développement social.
Les objectifs à atteindre d’ici à 2010 se situent dans cette perspective et notamment :
Un mot d’ordre : obtenir
sans délais la transparence dans domaine des affaires (identité
des propriétaires et investisseurs, comptabilité, banqueroute),
et tout particulièrement dans le fonctionnement des grandes
entreprises et investisseurs (dépenses, chiffre d’affaires, profits
est-il précisé), notamment dans le domaine de l’extraction
des ressources naturelles. Le gouvernement doit donner lui-même l’exemple.
L’un des objectifs est de faire cesser le lobbying d’intérêts
particuliers par des membres du gouvernement. L’autre, plus impérieux,
est de rassurer les investisseurs internationaux dont le pays a le plus
grand besoin pour sa modernisation et de donner des bases saines à
la création d’une Bourse des valeurs.
Le gouvernement doit mettre en place un système d’assurances sociales obligatoires dans le budget de 2003, une politique démographique consistante et instaurer une réglementation des relations de travail. Si la réforme du système municipal a été menée à bien, les problèmes liés au logement social et à la bonne organisation des marchés d’approvisionnement ne sont pas résolus. Pour le premier, il s’agit notamment d’abord de surmonter la pénurie croissante qui découle du mouvement d’urbanisation, mais aussi d’améliorer l’entretien des équipements et services qui sont liés au logement, trop souvent insuffisants, coûteux et défectueux, mettant en jeu trop d’intermédiaires inutiles. Pour les marchés, les gouverneurs de région sont directement interpellés (« leur rappeler que c’est de leur faute, sinon de leur complicité ») sur le fait que les ententes entre fournisseurs conduisent à offrir à des prix élevés un choix réduit de produits de qualité médiocre. Ni l’inspection sanitaire ni le contrôle des prix ne sont efficaces. De même, ni la qualité du système de santé, ni celle de l’eau, ni, plus généralement, l’état de l’environnement ne sont satisfaisants.
La réforme de l’administration et l’organisation de son travail doivent être améliorée. En particulier, le processus engagé avec les tribunaux et l’application des lois doit être étendu à l’ensemble du travail du système judiciaire. La lutte contre les vendeurs de drogue, jusqu’ici sans résultat notable, la criminalité en général et la corruption restent des tâches cruciales. La loi doit être appliquée strictement pour les délits les plus graves mais avec humanité pour les petits délits, notamment lorsque leurs auteurs sont des femmes ou des mineurs.
L’appareil législatif doit réfréner sa propension à doter le pays de textes nouveaux (près d’un millier d’actes ont déjà été produits depuis l’indépendance) avec les risques d’incohérence, de double emploi et d’inanité par défaut des textes d’application subséquents. De plus, certains députés menant un travail de lobbying font prendre des textes qui dissimulent l’intérêt étroit de quelques firmes ou institutions.
Quant aux relations internationales : en 10 ans, le K. a ratifié 350 traités internationaux, auxquels s’ajoutent les 50 traités liés à des actes législatifs. Ce nombre important est-il justifié ? Un inventaire s’impose pour dégager des priorités, parmi lesquelles les domaines du développement économique et social sont à privilégier.
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Désormais, le message du président aux citoyens du K. sera prononcé avant le début des travaux budgétaires, de façon à ce que les priorités soient correctement prises en compte et ce, en ouvrant largement le débat au delà du seul gouvernement et notamment du ministère des finances (la politique monétaire doit impliquer la Banque Nationale, les ministères comme les gouverneurs de région doivent rendre compréhensibles leurs programmes de travail..).
Le slogan de l’année
prochaine doit être « Investissements, soutien des salariés
les plus modestes et sécurité pour le pays ».
En 2002, l'ensemble du
pays
doit oeuvrer selon les grandes orientations suivantes (entre autre) :
Achever la mise au point des politiques régionales et industrielles ; Donner plus de clarté au système de planification ; Relancer la décentralisation des fonctions de l’Etat ; Améliorer notablement le processus de budgétisation en allant vers un modèle triennal ; il est temps de réfléchir au concept de Code budgétaire du pays ; Développer le secteur des biens et valeurs, ce qui requiert l’amendement de la législation en cours concernant l’activité des sociétés de bourse, la régulation du marché des titres, la tenue des comptabilités ; celles des grandes entreprises devront adopter les normes internationales ; Adopter la Loi sur la régulation de l’aviation civile est une nécessité ; Faire progresser les salaires de 20 %, les conditions existent maintenant pour que ce soit possible ; Donner une solution au problème de la capitalisation du secteur privé est nécessaire, sans laquelle il ne sera pas possible de nous opposer aux conséquences négatives de la mondialisation de l’économie ; Approfondir la réflexion sur la politique de substitution aux importations. Les milieux d’affaires doivent montrer leur capacité à s’unir dans l’intérêt du pays et à regrouper leurs ressources pour répondre aux défis posés par les investissements majeurs ; l’appui du gouvernement leur est acquis.
Le président
met ensuite l’accent sur les tâches concrètes que le gouvernement
doit réaliser en 2002 :
Bâtiments et travaux publics« Chers députés, chers compatriotes !Société : santé et enseignement
- Poursuivre la construction de la nouvelle capitale ;
- Engager l’exploitation du gisement de gaz d’Amangeldy ;
- Poursuivre la construction du chemin de fer Donskoye- Krasnoktyabrsky ;
- Établir le projet de construction du réservoir de Koksarai ;
- Terminer la construction de ponts : 1) sur l’Oural près d’Ouralsk, 2) sur la Syr-Daria ;
- Construire ou réhabiliter différentes autoroutes : Almaty-Astana, Atyrau-Ural-Aqtobe, Almaty-Bishkek, Almaty-Khorgos, Astana-Borovoye.
- Améliorer l’accès aux soins de santé et leur qualité ;
- Élever le niveau et le statut du corps médical, créer un ministère de la santé ;
- Élever la compétitivité de l’enseignement supérieur par rapport à ceux des pays de la CEI et particulièrement de la Russie ainsi que des autres pays d’Europe centrale et orientale ;
- Organiser la formation de spécialistes de l’énergie : la création de l’université anglo-kazakh spécialisée dans le secteur pétrolier est devenue urgente.
Salaires et retraites
- Prendre des mesures pour augmenter salaires et retraites ;
- Plus précisément : augmenter les salaires les plus bas (concernant 2,7 personnes, notamment ceux qui travaillent dans les entreprises d’Etat et des administrations) comme les retraites allouées depuis 1994 devront être augmentées de 25 %.
Sécurité et politique extérieure
- Rester attentif à la formation accélérée de marchés régionaux et en premier lieu, ceux des communautés d’Asie centrale et d’Eurasie ;
- Élargissement de la coopération dans le cadre de l’Organisation de Shanghai pour la coopération;
- Intensifier les efforts diplomatiques en vue de résoudre pacifiquement les problèmes de la région de la Caspienne ;
- Être attentif à la formation d’un système efficace de sécurité fondé sur des institutions telles que le Traité de sécurité collective et l’Organisation de Shanghai, ainsi que la « Conference on Interaction and Trust Measures in Asia » ;
- Intensifier les efforts pour construire une armée moderne, en 2002, le budget destiné aux troupes (frontières et intérieur) augmentera de 50 %.
Abréviations :
Sources
K. : Kazakhstan
M, : million
$ : dollar des Etats-Unis d’Amérique
IDE : investissement direct étranger
t : tonne
G : : milliard (giga)
ha : hectare
h : habitant